Tribulations de l'open space de Pychoux (chap 2)
La suite de mes aventures quotidiennes
Chapitre 2 = j’ai envie d’être seule pour travailler
Avant le début de l’année, le blues de l'open space ne nous avait pas encore atteint, les plateaux étaient à taille humaine (30 personnes) et les bureaux personnalisables. Les étapes sont petites et si on n'y fait pas attention certainement invisibles.
Le plateau a grandit (80 personnes) il n’est plus question d'avoir une seule seconde dans la journée ou tout le monde se tait. Puis, les PC deviennent portables, les téléphones aussi. Les bureaux doivent être nus le soir en partant, et les photos sont "tolérées". D'ailleurs certains chefs montrent l'exemple avec une atmosphère clinique dans leur bureau (fermés eux!!!!). Pour ça (et pour d’autres choses aussi), je fais de la résistance, je n'aime pas mes voisins, mais je n'y peux rien; alors autant avoir la vision d'un entourage sein. Photos, bibelots et plante verte, personne ne me fait de remarque parce que mon bureau est vraiment nickel, pas de papier qui traîne, rien, mais là c'est mon côté maniaque qui parle.
Nous sommes par conséquent un peu dans un hall de gare à supporter des conversations de gens qui n’ont absolument pas les mêmes taches que nous et sans aucun autre moyen de s’isoler que le ipod. Demain, ce qui nous attend et ce fut clairement annoncé c’est le système, plug and play avec les ingé et les bureaux. L’ambiance sera au beau fixe quand il faudra se battre pour avoir une table et une chaise.
Je suis par contre complètement coupable un désagrément de l’open space. Oui, je mange à mon bureau et je pense que ça doit être méga pénible pour mon entourage. Mais c'est plus fort que moi. Je préfère sacrifier ma pause déjeuner afin de me défouler et perdre des cm de taille au club et gym et manger ma popotte maison à mon bureau plutôt que d'aller au self, parler boulot pendant qu'on avale, sans même mâcher, une chose pas cuite, grasse et avec le même goût entre le poisson et la viande.
J'avoue que pour ça je ne suis pas sympa comme voisine, mais je fais mon mea-culpa, et je ne dis rien pour les fumeurs (je garde mon manteau plié sur mon bureau) et taille ma plante verte de façon à ce qu'elle ne dépasse pas trop.
La sonnerie du téléphone est un point noir. Pas vraiment celle des portables perso. A mon plus grand étonnement, c'est pas ceux là qui sont les plus récurrents. Je suis dans un milieu d'hommes et leur portable étant dans leur poche et non dans leur sac, il est vrai que le vibreur est plus souvent actif.
Non ce qui est vraiment horrible c'est le téléphone pro qui sonne environ 15 à 20 fois. La personne au bout du fil n'a pas l'impression que si on voulait répondre ça serait déjà fait au bout de 4 sonneries, sachant que le téléphone est sur le bureau à 40 cm de notre main???? Non . Mais tord partagé à l'adorable personne qui n'active pas de renvoi automatique sur messagerie vocale au bout de 5 sonneries. Les sans fils ont remplacés les fixes, et nous sommes plusieurs à être déjà passé à la sonnerie silencieuse, ou vibreur, c'est tellement zen. De toute façon il est là devant notre nez, et en général, si on ne répond pas dans la seconde un mail vient rejoindre sa centaine de petits copains dans notre boite alors pourquoi se faire un nœud au cerveau et une boule à l'estomac pour un coup de fil loupé.
Ce que ne permet pas non plus l'open space c'est la détente, big brother veille. Certes, il est plus facile quand on est 80 personnes de trouver une autre personne qui ai besoin de faire une pause en même temps que soit. Ça, c'est ce qu'on croit. On ne se rend pas compte comme les gens sont différents sur ce point de vue.
Il est vraiment mal vu de faire une pause à son poste de travail, ça s'appelle glander, alors qu'aller fumer une clope c'est ménager son entourage...cherchons l'erreur.
J'ai pas l'habitude d'aller voir les gens pour faire des pauses, parce que ça fini toujours par être pour parler boulot. Je prends du temps pour moi en regardant des choses sur internet (tiens il faudra que je fasse ma commande amazon de cadeaux aujourd'hui) soit en feuilletant une revue mais le fait de ne pas changer de position, de ne pas détacher les yeux de l'écran on ne fait pas de break. Si quelqu’un a besoin de moi où que le téléphone sonne, fini. Sans parlé de regards des passants quand on se penche sur « Psychologies Magazine », « le figaro » ou autre.
Les quelques personnes qui se lèvent et tournent en rond quand elles ont besoin de se dégourdir les jambes sont critiquées, bien entendu ça gène d'avoir des gens qui passent quand on essaie de se concentrer sur un sujet pas drôle.
J'ai appris que j'allais bientôt déménager. Je le demande depuis 4 mois, c'est une bonne chose. Fini les voisins usants. De nouvelles têtes seront à découvrir avec leur lot de surprises....
Pour le 3ème tome qui sera centré sur la bile que j'ai besoin de deverser sur mes collègues, rendez-vous bientôt...