La poèsie allemande

Publié le par Pychoux

Par moment je suis un peu fleur bleue.


Par des associations d’idées, qui pour moi sont évidentes, mais pas forcement pour tout le monde (mon Loulou n’arrête pas de me dire que colle des phrases et des sujets sans rapport, ni transition… POUR LUI parce que dans ma tête c’est clair).

Bref, j’aime le prémon « Loreley » depuis que je suis tombée fan de « Gilmore Girls », l’autre midi devant ma télé avec Nagui « Qui veut prendre sa place » m’a appris que Loreley est tirée d’un conte ancestral germanique.

J’ai cherché, j’ai trouvé, et ça me plait.

 

Comme quoi il ne faut jamais préjugé, qui aurait pour croire que la combinaison d’une série américaine pour adolescente et d’un jeu télévisé du service public français pour les vieux ouvrirait les portes de la culture mythique germanique.

 

Petit cours d’étymologie :

Le nom "loreley" est formé de deux mots: "loren" et "ley".
Le mot "Loren" vient du vieil allemand et signifie bruissement ou murmure. "Ley", dans le langage familier, désignait le schiste ou la pierre. Mis ensemble les mots signifieraient bruissement des pierres ou du schiste. Cette combinaison de mots prend son sens avec l'existence, au XIXe siècle, d'une petite cascade et d'importants courants au niveau de la Loreley.
L'écho renvoyait le son sept fois plus fort. Il semblait que le Rocher bruissait. Aujourd'hui ce phénomène est impossible à entendre à cause du bruit du trafic

 

Ca existe en vrai :

La Loreley est un remarquable rocher, fait de schiste. Le rocher se dresse de manière imposante sur une partie étroite de la vallée du Rhin, au niveau de Saint-Goar, en Rhénanie-Palatinat.
Le rocher fait 132 mètres de hauteur. Le Rhin, à cet endroit, est d'une profondeur de 25 mètres et d'une largeur de 113 mètres. C'est la partie la plus étroite et la plus profonde du fleuve.

La légende de Loreley :

 

Les poètes allemands ont beaucoup contribué à la renommée de cet endroit. Clemens Brentano et Heinrich Heine sont certainement les deux poètes qui ont le plus servi la légende de la Loreley.

Celle qui est semble-t-il la toute première par Nach Clemens Brentano's

 

"A Bacharach, au bord du Rhin, habite une magicienne. Elle est belle et gracieuse. Elle séduit facilement le coeur. Déjà plusieurs hommes ont souffert pour elle. Une fois qu'on est tombé dans ses liens d'amour, on ne peut plus s'en délivrer."

L'évêque la cite devant le tribunal ecclésiastique. Il voulait la condamner, mais il n'en eut pas la force, tant il la trouva belle. "Dis-moi, s'écria-t-il avec émotion, dis-moi, pauvre Lore Lay, qui donc a fait de toi une méchante sorcière?

- Seigneur évêque, laissez-moi mourir. Je suis lasse de la vie; car tous ceux qui me regardent sont
condamnés à souffrir. Le feu magique est dans mes regards, et mon bras est une baguette magique.
Jetez-moi dans les flammes, détruisez mes enchantements.

- Je ne peux pas te condamner avant que tu m'aies dit comment il se fait que ce feu magique ait déjà
pénétré dans mon sein. Je ne peux pas te condamner, car mon cæur se briserait en deux.

- Seigneur évêque, ne vous moquez pas d'une pauvre fille. Priez plutôt, priez pour moi le Dieu de
miséricorde. Je ne veux pas vivre plus longtemps. Je ne peux plus aimer. Condamnez moi à mort. Voilà tout ce que je vous demande. Celui que j'aimais m'a trahi; il s'est éloigné de moi; il est parti pour la terre étrangère. La douceur du regard, le frais incarnat du visage, la suave mélodie de la voix, voilà ma magie.
Moi-même j'en suis victime. Mon âme est pleine de douleur, et je mourrais si je voyais mon image.
Faites-moi donc justice. Laissez-moi mourir. Tout a disparu pour moi dans le monde, depuis que je ne vois plus celui que j'aimais."

L'évêque appelle trois chevaliers: "Conduisez-la, dit-il, dans un cloître, Va, ma belle Lore Lay; que le ciel ait pitié de toi! Tu deviendras nonne, tu porteras la robe noire et blanche. Prépare-toi sur cette terre au grand voyage de la mort."

Les chevaliers partent pour le cloître, et regardent avec tristesse la belle Lore Lay.

"O Chevaliers! s'écrie-t-elle, laissez-moi monter au-dessus de ce rocher. Je veux voir encore une fois la demeure de mon bien aimé; je veux contempler encore une fois les vagues profondes du Rhin. Puis après nous irons au cloître, et je deviendrai la fiancée du Seigneur."

Le roc est taillé à pic, difficile à gravir. Mais elle s'élance rapidement jusqu'à sa sommité, et là, debout, elle s'écrie: " Je vois un bateau sur le Rhin; celui qui guide ce bateau doit être mon bien-aimé. Oui, c'est sans doute mon bien-aimé, et la joie me revient au cæur."
A ces mots, elle baisse la tête et se précipite dans le fleuve. Là s'arrête le chant du poète. Mais le peuple continue la tradition. Il raconte que Lore Lay apparaît encore au milieu du fleuve où elle s'est jetée, comme Sapho. Souvent on la voit à la surface des vagues, tresser ses longs cheveux; souvent, le soir, on l'entend jouer de la harpe et chanter, et ceux qui prêtent l'oreille à ses chants, ne peuvent résister à lamagie de sa voix, à la fascination de son regard. Ils abandonnent leur barque et se jettent dans les flots.

 


Puis la plus connue par le poète Heinrich Heine :


Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.

Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, l'homme qui passe,
Pris d'un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l´espace,
Vient sur l'écueil de mort.

L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher

 Apollinaire dans son recueil "Alcools" lui dédie également quelques mots, mais pour aujourd'hui on va arrêter là les poèmes !!!

 

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Publié dans Livres

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